Voici le panneau d’entrée de village : « Cuise la Motte ». Nous nous arrêtons pour faire une photo. La rue principale est justement la rue Saint - Eloi ! et au N° xx, écrit en gros sur la boîte à lettre : « Polisuk ». Nous avons vraiment la chance avec nous ! Nous sonnons. Un homme assez âgé s’approche de la grille, sans l’ouvrir. Nous expliquons que nous revenons d’Ukraine où nous avons rencontré sa cousine. Il est surpris, sceptique : « oh, l’Ukraine, c’est loin tout ça ! » Alors j’ouvre mon sac et je sors la petite enveloppe bleue et la photo, je lui montre.
Il dit : mais c’est moi là, sur la photo, devant cette maison ! Il nous ouvre sa porte. Je dis que je vais chercher quelque chose à la voiture et je prends mon ordinateur portable où j’ai beaucoup de photos d’Ukraine et de la famille. Dans la maison, sa femme est accueillante. Pierre Polisuk est bouleversé et nous le comprenons. Il va chercher le livret militaire de son père, nous le montre. Nous parlons de ses cousines .Il demande comment les gens vivent en Ukraine aujourd’hui. Nous leur montrons les photos. Même sa femme est bouleversée en découvrant les fillettes d’Oksana. Nous demandons à prendre des photos pour envoyer à Oksana et nous les prenons devant la maison comme sur la petite photo ramenée d’Ukraine. Ils nous offre l’apéro. Ils sont plus détendus, mais encore très émus. Ils nous parlent de leurs enfants, nous notons les prénoms. Nous donnons l’adresse d’Oksana et de sa mère, leur expliquant qu’ils peuvent écrire en français. Le feront-ils ? Nous n’insistons pas. C’est un tel chambardement pour eux ! Il faut qu’ils en parlent avec leurs enfants. Ils se souviendront sans doute longtemps de ce dimanche de Pentecôte !
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